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Canicule : nos conseils pour continuer à rouler à vélo sous la chaleur

Une nouvelle canicule s’installe sur la France. Pour beaucoup d’entre nous, mettre le vélo au garage n’est pas une option. Les déplacements du quotidien doivent continuer : aller travailler, faire ses courses, accompagner les enfants ou rejoindre un lieu frais lorsque le logement devient difficilement supportable. En période estivale, alors que certains transports en commun circulent moins fréquemment, le vélo reste souvent le moyen le plus direct et le plus fiable de se déplacer.

Alors, comment continuer à se déplacer à vélo lorsque les températures deviennent éprouvantes ?

Chez Nice à Vélo, nous avons croisé les recommandations des autorités sanitaires avec l’expérience de nos adhérents, qui utilisent le vélo toute l’année, y compris pendant les épisodes de fortes chaleurs. Ces conseils ne remplacent pas les consignes officielles : ils les traduisent en réflexes concrets pour les déplacements du quotidien.

L’idée n’est pas de renoncer au vélo, mais d’adapter sa pratique.

La chaleur change la façon de rouler

Les autorités sanitaires rappellent que la chaleur sollicite rapidement l’organisme et peut provoquer maux de tête, nausées, crampes, déshydratation ou coup de chaleur. À vélo, le déplacement de l’air peut donner une impression de fraîcheur, mais les arrêts fréquents (feux, carrefours) peuvent rendre la chaleur particulièrement difficile à supporter.

C’est aussi ce que constatent les cyclistes du quotidien.

Par temps de canicule :

  • ne cherchez pas à battre vos records ;
  • roulez à un rythme plus tranquille ;
  • acceptez de mettre quelques minutes de plus pour arriver.

Si vous utilisez un vélo à assistance électrique, c’est le bon moment pour augmenter le niveau d’assistance, non pas pour aller plus vite, mais pour réduire votre effort.

Équipez-vous pour la chaleur

Avant de partir, quelques équipements et astuces simples permettent de rouler plus confortablement et de limiter l’exposition à la chaleur.

Les recommandations sanitaires rejoignent largement les habitudes des cyclistes expérimentés :

  • partir avec une gourde bien remplie et facilement accessible pour boire régulièrement tout le long du parcours ;
  • porter des vêtements légers et respirants, de préférence en couleurs clairs ;
  • protéger ses yeux avec des lunettes de soleil ;
  • privilégier une sacoche ou un panier plutôt qu’un sac à dos, pour garder le dos au frais et favoriser l’évaporation de la transpiration.

Si votre travail impose une tenue particulière, roulez avec des vêtements légers et gardez votre tenue de travail dans votre sacoche pour vous changer à l’arrivée.

Astuce d’un adhérent :

Pour les trajets du quotidien, j’apprécie les sandales de randonnée à bout fermé. Elles offrent un bon compromis entre protection des pieds et ventilation, bien plus agréable que des chaussures fermées en période de canicule.

Pensez aussi à vous protéger du soleil :

  • avec une casquette ou une gapette portée sous le casque ;
  • des vêtements légers mais couvrants ;
  • la crème solaire.

Astuce d’un adhérent :

Avant de partir, j’humidifie légèrement ma gapette (ou un petit linge) et je la glisse sous mon casque. L’effet fraîcheur ne dure pas très longtemps, mais il apporte un vrai confort pendant les premiers kilomètres. Dès que je passe près d’une fontaine, je la réhumidifie et c’est reparti !

Équipez-vous pour la chaleur : gourde, gapette, vêtements légers, sacoche…

Choisissez l’itinéraire le plus confortable

Par forte chaleur, quelques centaines de mètres de détour peuvent rendre un trajet beaucoup plus agréable.

À Nice, cela se vérifie très bien.

La piste cyclable de la Promenade des Anglais, bien que très directe, est fortement exposée au soleil, avec peu d’ombre, et longe un axe où la circulation automobile est très importante. Le trafic motorisé ajoute en outre de la chaleur et dégrade la qualité de l’air à proximité immédiate.

À l’inverse, des rues comme la rue de la Buffa, qui suit en partie le même axe que la Promenade, offrent davantage d’ombre grâce aux arbres et un environnement plus apaisé. Pour aller de Garibaldi à Magnan, par exemple, un itinéraire passant par la rue de l’Hôtel-des-Postes, la rue de la Buffa puis Gambetta peut être plus confortable que la Promenade, pourtant plus directe. En période de canicule, un petit détour peut faire une réelle différence.

Privilégiez les itinéraires ombragés comme la rue de la Buffa

De manière générale, nous recommandons de privilégier :

  • les rues arborées ;
  • les itinéraires éloignés des grands axes routiers ;
  • les portions ombragées, même si elles imposent un léger détour.

Le trajet le plus court n’est pas toujours le plus supportable.

Hydratez-vous régulièrement

Apporter une gourde est important, mais boire régulièrement est essentiel. N’attendez pas d’avoir soif : la sensation de soif apparaît souvent lorsque la déshydratation a déjà commencé.

Pour les trajets un peu longs, il est tout aussi important de pouvoir remplir sa gourde. Avant de partir, repérez les points d’eau où vous pourrez remplir votre gourde. CyclOSM les affiche avec l’icône 🚰 et Geovelo avec l’icône 💧. Vous pouvez aussi consulter le site collaboratif Eau-Cyclisme.

Fontaine à eau place Île de Beauté (Port Lympia) (source : eau-cyclisme.com)

Astuce d’une adhérente :

Lorsqu’on transpire beaucoup, on ne perd pas seulement de l’eau, mais aussi des minéraux. Pour les longues sorties ou les journées très chaudes, je prépare parfois une boisson maison dans ma gourde : de l’eau, un peu de jus de citron, une pincée de sel et une cuillère de miel. Je trouve que cela aide à éviter les crampes et à mieux supporter la chaleur.

Si possible, adaptez vos horaires

Lorsque votre emploi du temps le permet, décalez vos déplacements vers les heures les moins chaudes. Partir tôt le matin permet généralement de bénéficier de températures plus supportables et de rues plus calmes. En fin de journée, le rayonnement solaire diminue, mais la chaleur peut rester forte dans les rues très minérales : fiez-vous à la température réelle, pas seulement à l’heure. Évitez autant que possible les trajets longs ou soutenus au cœur de l’après-midi et consultez la vigilance météorologique avant de partir.

Pensez aussi à votre vélo

La chaleur affecte également le matériel : elle augmente la pression des pneus, avec un risque plus élevé de crevaison. Par ailleurs, les batteries de vélos à assistance électrique sont sensibles aux très hautes températures. Quelques précautions simples permettent de préserver le vélo et d’éviter les mauvaises surprises.

Nous recommandons notamment de :

  • vérifier régulièrement la pression des pneus : il est conseillé de les gonfler légèrement en dessous de la pression recommandée. ;
  • éviter de laisser une batterie de VAE longtemps en plein soleil ;
  • stationner son vélo à l’ombre lorsque c’est possible.

Un entretien régulier de la transmission reste également utile : la chaleur et la poussière assèchent les graisses et accélèrent l’usure de la chaîne.

Et les enfants ?

Si vous vous déplacez avec des enfants, qu’ils roulent sur leur propre vélo ou qu’ils soient transportés, une vigilance renforcée s’impose :

  • habillez-les légèrement ;
  • protégez-les du soleil (crème solaire, gapette ou linge humide sous le casque, pare-soleil, itinéraire ombragé) ;
  • proposez-leur régulièrement à boire, sans attendre qu’ils le demandent.

Un brumisateur peut aussi être utile pour les rafraîchir lors des pauses.

Écoutez votre corps

N’attendez pas que les symptômes deviennent importants pour réagir. Arrêtez-vous si vous ressentez :

  • des vertiges ;
  • des crampes ;
  • une fatigue inhabituelle ;
  • des maux de tête, des nausées ou un malaise,

Placez-vous immédiatement dans un endroit frais, hydratez-vous et reposez-vous. Si les symptômes persistent ou s’aggravent, appelez le 15.

Mieux vaut interrompre un trajet que prendre le risque d’un coup de chaleur.

Adapter la ville à la chaleur

Ces conseils peuvent rendre les déplacements plus supportables, mais ils ne suffisent pas à eux seuls et ne doivent pas masquer un enjeu plus large : l’adaptation de nos villes au changement climatique.

Les épisodes de chaleur extrême deviennent plus fréquents. Les collectivités ont donc un rôle essentiel à jouer :

  • végétaliser les itinéraires cyclables et piétons ;
  • planter des arbres capables de procurer une ombre réelle, plutôt que des alignements de palmiers essentiellement décoratifs ;
  • créer des points d’eau accessibles ;
  • concevoir des aménagements qui limitent les arrêts inutiles en plein soleil.

Rouler à vélo ne devrait pas devenir un défi chaque été.

Une ville plus ombragée et plus apaisée est une ville plus agréable pour les cyclistes, mais aussi pour les piétons, les enfants et toutes les personnes qui vivent et se déplacent au quotidien.

Le vélo fait partie de la solution

La canicule ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : le vélo fait partie de la solution. D’abord, une ville moins dépendante de la voiture individuelle, c’est une ville qui gagne de la place pour se végétaliser et s’adapter aux fortes chaleurs. Ensuite, chaque trajet effectué à vélo plutôt qu’en voiture limite les émissions de gaz à effet de serre et la chaleur produite localement par le trafic motorisé. Renoncer systématiquement au vélo au profit de la voiture entretient donc le problème auquel nous cherchons à nous adapter. Bien entendu, chacun doit tenir compte de son état de santé, de son âge et des conditions du moment. Mais lorsque le vélo reste une option sûre, le privilégier permet aussi de laisser davantage de place sur la route à celles et ceux qui ont réellement besoin d’un véhicule motorisé.

Sources

Cet article croise les recommandations officielles avec les retours d’expérience d’usagers réguliers du vélo :